Trois volets à partir des registres publics du ministère de l'Environnement : la terre qu'on a contaminée, l'eau où l'industrie rejette, et l'air dans lequel elle déclare émettre.
Réalisé par Eliot Jacquin pour le blogue 00h11.ca. Projet personnel, sans lien officiel avec le ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs ni avec aucun des organismes nommés.
| Terre | Répertoire des terrains contaminés (GTC), MELCCFP, CC-BY 4.0. Instantané du …. |
| Eau | Pressions industrielles, effluents industriels, MELCCFP, CC-BY 4.0. Un enregistrement par effluent et par année, 1996 à …, géolocalisé au point de rejet. |
| Air | Registre des émissions de contaminants atmosphériques, MELCCFP, CC-BY 4.0. Déclarations annuelles obligatoires au-dessus de seuils, … à …. |
| Population | Indice de défavorisation du Québec 2021, INSPQ, CC-BY 4.0. Population du recensement de 2021 par aire de diffusion. |
| Couches de contexte | Sites industriels et lieux récepteurs de sols contaminés (MELCCFP) ; puits d'observation du Réseau de suivi des eaux souterraines (RSESQ, MELCCFP) ; réseau de surveillance de la qualité de l'air du Québec (RSQAQ, MELCCFP) et de l'agglomération de Montréal (RSQA, Ville de Montréal) ; suivis des pesticides et des métaux en eau de surface (MELCCFP). Tous CC-BY 4.0. Chaque couche est rattachée au volet qu'elle éclaire. |
| Fond de carte | OpenStreetMap, rendu CARTO. Recherche d'adresse : Nominatim (OSM). |
Terre. Chaque point est un lieu du répertoire, avec ses coordonnées officielles, sans aucun géocodage de notre part. Un lieu peut porter plusieurs fiches : l'état affiché est le moins avancé de celles-ci. S'il reste quoi que ce soit à faire sur un terrain, la carte le dit. La vue s'ouvre sur ce qui n'est pas achevé ; les terrains réhabilités et ceux jugés sans intervention nécessaire restent accessibles d'un clic.
Les critères A, B et C. Le Québec classe la contamination d'un sol selon trois seuils, contaminant par contaminant, fixés par le Guide d'intervention : A est la teneur de fond naturelle ; sous B, un usage résidentiel est possible ; sous C, un usage commercial ou industriel. Au-delà de C, le terrain doit être réhabilité avant tout usage, et au-delà des seuils du Règlement sur l'enfouissement des sols contaminés (RESC), les sols excavés ne peuvent plus être enfouis n'importe où. Le répertoire publie la classe, jamais la teneur mesurée : la fiche d'un terrain dit « au-dessus de C », pas « 380 mg/kg de plomb ».
Eau. Chaque point est un effluent industriel, placé là où le rejet entre dans le milieu, et non au siège du site. La mesure principale n'est pas une quantité mais un taux de conformité : la part des analyses respectant la norme de l'effluent, calculée par le Ministère. Les charges annuelles en kilogrammes existent aussi, mais ne sont renseignées que pour une minorité d'effluents : elles servent au détail d'une fiche, jamais au classement.
Air. Les quantités sont déclarées par les exploitants eux-mêmes, en vertu du règlement sur la déclaration obligatoire, et le plus souvent estimées à partir de facteurs d'émission plutôt que mesurées en continu. C'est la pratique internationale (le TRI américain, l'INRP canadien et le E-PRTR européen fonctionnent tous ainsi), mais ce ne sont pas des mesures indépendantes. Tout est publié en tonnes métriques ; les métaux et les composés traces sont convertis en kilogrammes ou en grammes à l'affichage, la valeur d'origine restant la référence.
Qui vit à côté. Une mesure de proximité, jamais d'exposition : ni les vents, ni le relief, ni la hauteur des cheminées ne sont modélisés. Chaque aire de diffusion du recensement est ramenée à son centre et comptée en entier ou pas du tout : fin en ville, grossier en campagne.
Couches de contexte. Elles situent des installations et des points de mesure ; elles ne disent pas ce qui en sort. Elles restent disponibles quel que soit le volet affiché : une station de mesure éclaire aussi bien la terre que l'air.
Réseaux de surveillance de l'air. … Les stations de l'agglomération de Montréal sont absentes du fichier provincial : la Ville exploite son propre réseau, et il a fallu deux sources plutôt qu'une pour que la carte ne montre pas un trou sur la plus grande ville du Québec. Les stations fermées forment une couche distincte, éteinte par défaut. Elles ne disent rien de la couverture actuelle, mais elles montrent où la surveillance a reculé. Le réseau provincial comptait … stations à son sommet, … ; il en compte … aujourd'hui.
Suivis en eau. Ce ne sont pas des stations permanentes mais des points d'échantillonnage : …. La plupart n'ont été relevés qu'une seule année. Une absence de mesure récente ne veut pas dire une absence de contamination : elle veut dire une absence de mesure.
Lieux récepteurs de sols. Seul jeu du projet dont la position est reconstituée par géocodage d'adresse, car le ministère ne publie pas leurs coordonnées. Chaque point signale la précision obtenue, et ceux qui n'ont pas pu être situés sont absents de la carte plutôt qu'approximés.
Archivage. Le ministère réécrit ses fichiers sans conserver les états antérieurs. Le projet en archive une copie chaque jour, ce qui garantit que les chiffres affichés sont rattachables à une version datée de la source, et rend possible, plus tard, de mesurer ce qui a bougé.
Un tonnage déclaré ne se lit pas seul. Chaque ligne des fiches d'établissement et d'effluent porte donc le rang de la déclaration parmi celles du même contaminant, la même année, et sa part du total déclaré au Québec quand elle atteint un demi pour cent. Le rang dit la position parmi les déclarants, la part dit le poids réel : un huitième rang sur cent vingt-six peut valoir trente pour cent du total comme un demi. Ni l'un ni l'autre ne renseigne sur ce qui est respiré ou sur l'état du cours d'eau en aval, et une absence de déclaration n'est pas un zéro.
La fenêtre de chaque station d'air montre ses moyennes annuelles des trois dernières années (statistiques descriptives officielles du RSQAQ) en regard du seuil annuel qui s'applique : normes canadiennes de qualité de l'air ambiant 2025 (PM2,5, NO2, SO2) et annexe K du Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère (métaux, H2S). Les gaz sont en ppb, les particules et les métaux en µg/m³, unités confirmées par le site de l'indice de la qualité de l'air. Les normes de court terme (24 h, 1 h, 8 h) sont calculées avec leur métrique officielle à partir des données horaires : centile 98 des moyennes journalières de PM2,5, centile 98 des maxima horaires quotidiens de NO2, centile 99 pour le SO2, quatrième plus haut maximum quotidien sur 8 h pour l'ozone. Un jour compte s'il a au moins 18 heures de mesure. Les normes canadiennes officielles se calculent sur trois ans selon leur propre métrique : une moyenne au-dessus du seuil signale un dépassement du seuil, pas un constat de non-respect. Les métaux viennent de prélèvements aux trois ou six jours, dans les particules totales sauf le nickel, mesuré dans les PM10 comme le règlement le prescrit.
Les stations d'air affichées sont celles des réseaux publics (provincial, Montréal, et deux stations fédérales de fond). Les stations privées ou municipales qui publient des bilans sans données ouvertes, comme celles du Port de Québec ou de la Fonderie Horne, et les capteurs citoyens (RevolvAir, Limoil'air) n'y sont pas. Six sites déclarés fermés par le Québec sont encore « actifs » dans la liste fédérale ; la carte suit la source québécoise.
Les trois volets ne se comparent pas. La terre donne un état : où en est la réhabilitation. L'eau donne une conformité : les normes sont-elles respectées ? L'air donne une quantité déclarée. Trois questions différentes, pas trois mesures d'une même chose : leurs chiffres ne s'additionnent pas et ne se classent pas ensemble.
Le répertoire des terrains n'est pas exhaustif : c'est une compilation des cas portés à l'attention du ministère. Une zone sans point n'est pas une zone sans contamination. Et aucun propriétaire n'y est nommé : cette information n'existe pas dans la donnée publiée, aucun lien terrain ↔ entreprise ne peut donc être établi ici.
Une conformité absente n'est pas une conformité. Le taux n'est calculé que pour une partie des effluents : …. Une case vide signifie « non évalué ». Les décomptes sont rapportés aux effluents évalués : compter les non-évalués comme conformes transformerait un manque de contrôle en bonne conduite.
Un établissement sous le seuil ne déclare rien. Une absence dans le registre des émissions ne veut pas dire une absence de rejet, une année sans valeur est une année sans déclaration et jamais un zéro, et les chiffres restent des estimations de l'exploitant.
Les réseaux de mesure sont des registres historiques. Le fichier du Ministère recense toutes les stations d'air ayant existé, pas celles qui fonctionnent : …. L'agglomération de Montréal n'y figure pas : elle exploite son propre réseau, dont les stations sont ajoutées ici : sans elles, la carte montrerait un trou sur la plus grande ville du Québec. Les suivis en eau ne sont pas des stations permanentes mais des campagnes, souvent d'une seule année. Une absence de mesure récente ne veut pas dire une absence de contamination : elle veut dire une absence de mesure.
L'article 118.5 de la Loi sur la qualité de l'environnement prévoit depuis la réforme de 2018 un registre public des autorisations ministérielles : quels contaminants, quels rejets, quelles conditions imposées à chaque promoteur. C'est le seul article de cette réforme jamais entré en vigueur. Ce projet rassemble ce qui est publié en attendant ce qui ne l'est pas.
Tu peux reprendre, citer et diffuser cette visualisation et ses captures d'écran, à condition de mentionner la source initiale : Eliot Jacquin, 00h11.ca. Les données sources conservent leurs licences respectives (gouvernement du Québec, OpenStreetMap).
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Outil de réflexion et de communication, août 2026. Non officiel.